La première galette de l’année (surtout ne vous méprenez pas,
je parle bien de la galette des rois…). Elle est belle, ronde et bien dorée, pas
de pommes, de framboises, de poire /chocolat ou autre garniture à la noix, mais
une vraie frangipane!
Autour de la table, dans un silence presque religieux, tout
le monde l’attend. Certains tiennent fermement leur assiette entre leurs mains,
d’autres jouent avec leur petite cuillère, la tension est palpable. Tension d’autant plus remarquable que depuis
une quinzaine d’années, il n’y a plus qu’une chance par galette d’être couronné
contre deux autrefois (Ce qui est parfaitement injuste!).
Tout le monde attend donc, vous y compris lorsque celle-ci
arrive enfin et se pose au milieu des convives. C’est à ce moment là (Pour qui ?
Pourquoi ? On ne sait pas) que tout le monde décide de vous missionner sur le fameux : qui-qui-aura-quelle-part! Les choses se gâtent pour
vous. Vos relations familiales jusque-là agréables risquent fort de s’étioler même
avec Titou le chien de vos parents déjà vexé de
n’avoir eu que le gras du gigot. A la moindre erreur c’est sûr, ils ne vous louperont pas!
Ceci étant dit, Il existe un scénario pire que celui-ci. Imaginez qu’au moment de
couper la galette vous apercevez une encoche d’1cm de large sur environ 5mm de
profondeur et qu’au fond de cette encoche se dessinent innocemment les traits
blancs d’une petite porcelaine. Comment faire pour que votre choix reste
impartial ? Comment faire pour que cette part tailladée n’arrive pas
directement, en toute coïncidence et objectivité, dans l’assiette de votre fils
Enzo?
Plusieurs solutions s’offrent à vous :
Solution n°1 :
Balancer la galette et vous rouler par terre en hurlant que « vous en avez
marre de vous taper toutes les besognes dans cette famille, que de toutes façon
vous n’avez jamais été la(le) préféré(e) de vos parents et que par-dessus le marché vous êtes persuadé(e) d’avoir été enlevé(e) à la maternité ».
Risque :
mettre une mauvaise ambiance à table.
Avantage : Vous mettre Titou dans
la poche.
Solution n°2 :
Faire comme si de rien n’était, sourire à tout le monde, servir votre progéniture
en premier et pousser des cris de surprise quand celui-ci brandira fièrement sa
fève « Shrek 4 : le Chat Potté » pendant que ses petits cousins le
regarderont avec envie et déception.
Risque :
le contre-coup 4 mois après. Votre mauvaise conscience ayant eu raison de votre santé mentale, celle-ci engendrera une phobie sociale et un
rejet total de vos semblables.
Avantage : une retraite anticipée,
un pot de départ organisé par vos collègues plein de compassion.
Solution n°3 :
Même principe que la solution n°2 sauf qu’au lieu de servir votre fils en
premier, c’est vous que vous décidez de gâter.
Risque : Soit
vous êtes célibataire, sans enfants et avez décidé de fêter l’évènement tout(e) seul(e) soit,(c’est un conseil d’amie) il est nécessaire de consulter dès à présent.
Avantage : inexistant.
Je ne mentionnerai pas mon choix ici car j’ai trop honte …
Et
vous que choisiriez-vous ?